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Manifestations en Iran : derniers développements

De nouvelles manifestations se sont tenues mercredi dans diverses villes iraniennes, certaines marquées par des violences qui ont coûté la vie à deux policiers, en dépit des tentatives d'apaisement du président Massoud Pezeshkian. 

Voici les derniers développements.

Une manifestation de commerçants à Lordegan, à 455 km de Téhéran dans le sud-ouest du pays, a dégénéré mercredi en affrontements armés avec les forces de l'ordre, provoquant la mort de deux policiers et blessant 30 personnes, selon l'agence de presse Fars.

Des "émeutiers ont commencé à jeter des pierres sur les forces de l'ordre" et certains ont "ouvert le feu sur la police", a ajouté Fars.

A Bojnourd, dans le nord-est, selon l'agence de presse iranienne Tasnim, des "émeutiers" ont "jeté des pierres et brisé les fenêtres de la mosquée Imam Khomeini" mercredi, après avoir quitté un rassemblement de syndicats. 

"Un certain nombre d'émeutiers et agitateurs" ont ensuite attaqué une librairie de cette ville vendant des corans et des livres de prières, ajoute Tasnim, qui précise que le magasin a été incendié et "tous les livres brûlés".

"Un Iranien peut mourir mais n'acceptera pas l'humiliation!" ont crié des manifestants de Bojnourd, selon une vidéo publiée par l'ONG Iran Human Rights (IHR), basé en Norvège.





"Mort au dictateur! Liberté!", ont crié mercredi des manifestants dans un quartier huppé de Téhéran, selon IHR.  

La veille,  des heurts s'étaient produits pour la première fois en plein jour au coeur de la capitale, où des rassemblements sporadiques se déroulaient jusque-là principalement en soirée, d'après les médias locaux. 

Une importante manifestation s'est aussi tenue mercredi dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud, d'après une vidéo postée par l'ONG Activistes des droits humains en Iran (HRNA) située aux Etats-Unis. On y entend les manifestants crier : "Ne soyez pas spectateurs, rejoignez-nous" ou "C'est la bataille finale, Pahlavi reviendra" (en référence à la dynastie chassée par la Révolution islamique de 1979). 

Selon la chaîne de télévision d'opposition Iran International basée à Londres, les rues d'Aligoudarz étaient noires de monde, dans l'ouest iranien, certains scandant "C'est l'année du sang, Seyyed Ali sera démis", du nom du guide suprême Ali Khamenei. 

Des vidéos publiées par HRNA témoignent aussi d'une forte affluence de protestataires dans la grande ville de Rasht, située dans le nord-ouest du pays, sur la mer Caspienne. 

Depuis le début du mouvement, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, surtout dans l'ouest du pays, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Officiellement, 25 provinces sur 31 ont été concernées depuis le début du mouvement.

Le président Massoud Pezeshkian, qui ne détient pas la réalité du pouvoir -  aux mains du guide suprême Ali Khamenei - a ordonné mercredi aux forces de l'ordre de ne pas s'en prendre aux manifestants, a rapporté l'agence de presse Mehr.

Toutefois, "ceux qui portent des armes à feu, des couteaux et des machettes et qui attaquent des commissariats et sites militaires sont des émeutiers", a-t-il précisé en Conseil des ministres.

Le chef de l'armée iranienne, Amir Hatani, a lui haussé le ton après les menaces de Donald Trump d'intervenir militairement en Iran si des manifestants étaient tués, et le "soutien" apporté aux protestataires par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Si l'ennemi commet une erreur, nous riposterons avec plus de fermeté" que lors de la guerre des 12 jours en juin contre Israël et les Etats-Unis, a-t-il menacé à son tour.



Depuis le début du mouvement, au moins 27 protestataires ont "été tués par des tirs ou d'autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité dans huit provinces", selon le dernier bilan, mardi, de IHR.

Selon cette ONG, plus de 1.000 personnes ont été arrêtées.

Les médias iraniens relayant des annonces officielles font eux état de 15 morts, dont des membres des forces de sécurité, depuis le début de la contestation.



Sept partis d'opposition kurdes iraniens basés en Irak ont appelé à une grève générale jeudi des Kurdes en Iran. 

Depuis le début de la mobilisation, des affrontements faisant six morts ont notamment été rapportés à Malekshahi, un comté où vit une importante population kurde, dans l'ouest de l'Iran.



Le gouvernement australien a demandé mercredi à ses ressortissants de quitter l'Iran" dès que possible".

"De violentes manifestations se poursuivent dans tout le pays, susceptibles de s'intensifier (...) la situation sécuritaire est volatile", précise une nouvelle version de ses conseils aux voyageurs.

mdh/cf/sg/cm/cab

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