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La contestation s'amplifie à Téhéran, internet coupé

Dans une avenue de la capitale iranienne, une foule se presse : des images montrent une importante manifestation à Téhéran, au douzième jour d'un mouvement de contestation défiant le pouvoir.

Signe de la fébrilité des autorités, le réseau internet a été coupé sur l'ensemble du territoire, selon une ONG.

Depuis Washington, Donald Trump a de nouveau menacé de "frapper très fort" l'Iran si les autorités "commençaient à tuer" des manifestants.

De nombreux protestataires, à pied ou klaxonnant en voiture, ont afflué sur une artère majeure de Téhéran, d'après des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l'AFP.

Des chaînes de télévision persanes basées en dehors de l'Iran et d'autres médias ont par ailleurs diffusé des images de grosses manifestations dans d'autres villes comme Tabriz, dans le nord, et la ville sainte de Mashhad, à l'est.





Dans le même temps, l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, se basant sur des "données en temps réel", a rapporté "une coupure d'internet à l'échelle nationale".

"Cet incident fait suite à une série de mesures de censure numérique de plus en plus strictes visant les manifestations à travers le pays, et entrave le droit du public à communiquer à un moment critique", a écrit Netblocks sur le réseau social X.

Depuis le début du mouvement, parti le 28 décembre de Téhéran, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, touchant 25 provinces sur 31, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias.

Ces manifestations, initialement liées au coût de la vie, sont les plus importantes en Iran depuis celles ayant eu lieu après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile prétendument mal ajusté.

Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués au total, d'après un nouveau bilan publié jeudi par l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. 

"La répression s'étend et devient chaque jour plus violente", affirme le directeur de l'ONG, Mahmood Amiry-Moghaddam, ajoutant que "des centaines" de personnes ont également été blessées et plus de 2.000 arrêtées.

Les médias iraniens et les autorités ont de leur côté fait état d'au moins 21 personnes tuées depuis le début des manifestations, dont des membres de forces de l'ordre, d'après un décompte de l'AFP.





Dans ce contexte de plus en plus tendu, le président iranien Massoud Pezeshkian a de nouveau appelé à "la plus grande retenue" face aux manifestants, ainsi qu'au "dialogue" et à "l'écoute des revendications du peuple".

Selon des vidéos authentifiées par l'AFP ces derniers jours, les protestataires scandent des slogans tels que "c'est la bataille finale, Pahlavi reviendra", en référence à la dynastie chassée par la Révolution islamique en 1979. Ou encore "Seyyed Ali sera démis", du nom du guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989.

"J'ai participé à toutes les manifestations depuis 2009", témoigne un habitant de Kermanshah (est), joint par messagerie.

"La différence principale aujourd'hui, c'est la situation économique des gens (...), quoiqu'on fasse, on ne peut pas suivre l'inflation dont le régime est responsable", dit cet homme de 43 ans, appelant à "un changement radical et à la fin de la République islamique".





Les ONG rapportent l'usage de gaz lacrymogène dans plusieurs localités pour réprimer les manifestations, ainsi que des tirs à balles réelles.

A Abadan (ouest), selon IHR, une femme s'est fait tirer dessus, directement dans l'oeil, lors d'une manifestation mercredi soir. 

Un policier iranien a par ailleurs été poignardé en "participant aux efforts destinés à contrôler des troubles" près de Téhéran et est mort quelques heures après, a annoncé jeudi l'agence de presse iranienne Fars.

Le chef de la diplomatie allemande a dénoncé jeudi un "usage excessif de la force" de la part du pouvoir iranien "contre des manifestants pacifiques", et appelé les autorités de Téhéran à "respecter leurs obligations internationales" en la matière.

D'après Amnesty International, "les forces de sécurité iraniennes ont blessé et tué" des manifestants mais aussi de simples témoins de ces événements.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des manifestants à Kuhchenar (sud), ont applaudi après avoir renversé une statue de Qassem Soleimani, important commandant des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe américaine en Irak en 2020 et célébré en héros par la République islamique, selon une vidéo authentifiée par l'AFP.



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