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Législatives au Japon : la Première ministre ultra-conservatrice en passe de gagner son pari

Les Japonais ont commencé à voter dimanche pour des élections législatives anticipées qui devraient consacrer le Parti libéral-démocrate de la Première ministre Sanae Takaichi, tenante de l'ultra-conservatisme et d'une ligne dure sur l'immigration.

Les bureaux de vote doivent fermer à 20H00 (11H00 GMT), avec les premières estimations attendues dans la foulée.

Portée par un début de mandat en état de grâce, cette dirigeante nationaliste, la première femme à mener le Japon, a promis samedi, au cours d'un meeting électoral à Tokyo devant des milliers de sympathisants, de rendre son pays "plus prospère et plus sûr".

Cette grande admiratrice de Margaret Thatcher s'est engagée à "pousser le bouton de la croissance". Quant à l'immigration, les critères "sont déjà devenus un peu plus stricts, afin que les terroristes, mais aussi les espions industriels, ne puissent pas entrer facilement", a-t-elle lancé.

Le 19 janvier, la Première ministre avait annoncé la dissolution de la chambre basse du Parlement, déclenchant une campagne-éclair historique de 16 jours.

Surfant sur une très bonne cote de popularité, elle en avait même fait une affaire personnelle, interpellant les électeurs : "Takaichi est-elle apte à être Première ministre ? J'ai voulu laisser le peuple souverain décider".

Pour ce scrutin, qui se déroule sous la neige à Tokyo et dans une grande partie du pays, cette femme de 64 ans espère concrétiser les sondages qui lui sont favorables pour doper les scores du PLD (droite nationaliste) qu'elle dirige depuis l'automne.





Bien qu'en léger recul ces dernières semaines, son gouvernement bénéficie de taux d'opinions très favorables avoisinant les 70%. Auprès des jeunes Japonais notamment, Mme Takaichi, arrivée au pouvoir en octobre, est même devenue un phénomène sur les réseaux sociaux.

Les observateurs estiment que le PLD pourrait dépasser les 233 sièges nécessaires pour retrouver la majorité absolue et que la coalition au pouvoir, composée du PLD et du Parti japonais pour l'Innovation (Ishin), pourrait même franchir la barre des 300 sièges sur les 465 en jeu.

Son discours ferme sur l'immigration semble avoir coupé l'herbe sous le pied de l'opposition.

"Les mots qu'elle utilise sont faciles à comprendre", explique à l'AFP Mikitaka Masuyama, professeur de politique japonaise à l'Institut national d’études sur les politiques (GRIPS). Son prédécesseur Shigeru Ishiba "avait beaucoup d'idées, mais il parlait comme un universitaire".

Au-delà de sa personne, le sujet de cette campagne a surtout été le porte-monnaie des Japonais, alors que l'inflation reste supérieure à 2% depuis près de trois ans.

"Au final, avec la hausse des prix comme en ce moment, ce qui compte le plus pour moi, c'est de savoir quelles politiques seront adoptées pour lutter contre l'inflation. Les prix de quasiment tout augmentent, mais les revenus, eux, ne progressent pas beaucoup, donc notre revenu disponible se réduit", a affirmé Chika Sakamoto, une Japonaise de 50 ans interrogée par l'AFP.

Les premières mesures économiques de Mme Takaichi, dont un plan de relance de 135 milliards de dollars, ont pourtant inquiété les investisseurs.

La cheffe du gouvernement - le cinquième Premier ministre en cinq ans - a promis d'exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation de 8% afin d’atténuer l'impact de l'inflation sur les ménages.

"Même si cela peut sembler une bonne chose à court terme, je suis très inquiet de savoir si de telles mesures sont réellement responsables pour les générations qui nous succéderont", a expliqué dimanche Taku Sakamoto, un Japonais de 49 ans.

Elle a aussi semé le trouble il y a une semaine en vantant les avantages d'un yen faible, alors même que son ministre des Finances a répété que Tokyo interviendrait pour soutenir la devise.

"Une victoire écrasante du PLD reviendrait à lui donner un mandat pour poursuivre ces politiques", a déclaré dimanche à l'AFP Hiroshi Shiratori, professeur de sciences politiques à l'université Hosei.





L'évolution des relations avec la Chine reste aussi un sujet de préoccupations.

A peine deux semaines après son arrivée au pouvoir, Sanae Takaichi avait laissé entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d'attaque contre Taïwan, propos conduisant à une sérieuse crise diplomatique entre Pékin et Tokyo.

Enfin, vendredi, elle a bénéficié du soutien du président américain.

"Les résultats sont très importants pour l'avenir du pays. La Première ministre Takaichi a déjà prouvé qu'elle était une dirigeante solide, puissante et sage", a écrit Donald Trump sur Truth Social, ajoutant qu'il était "impatient" de la recevoir à la Maison Blanche le 19 mars.

Un soutien du puissant allié qui pourrait finir de convaincre les indécis.

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