> VOD > Alerte Info > Ghislaine Maxwell, la complice d'Epstein, réclame une grâce de Trump pour témoigner devant le Congrès
La complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, a sans surprise refusé lundi de répondre aux questions d'une commission de la Chambre américaine des représentants mais s'est dite prête à le faire en échange d'une grâce présidentielle de Donald Trump.
"J'invoque mon droit au silence en vertu du Cinquième amendement," a répondu à plus de dix reprises la Britannique de 64 ans, habillée d'un haut beige et s'exprimant en visioconférence depuis une salle à la lumière blafarde de sa prison du Texas, selon une vidéo de son audition parlementaire.
Les avocats de Ghislaine Maxwell, engagée dans un ultime recours contre sa condamnation en 2022 à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, avaient prévenu qu'elle invoquerait son droit à ne pas s'auto-incriminer, garanti par le Cinquième amendement de la Constitution américaine.
Ce refus de répondre à toute question sur ce scandale qui éclabousse jusqu'au sommet est "très décevant", a regretté le président républicain de cette commission, James Comer.
Toutefois, Ghislaine Maxwell "est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump", a déclaré son avocat David Markus.
Cette audition est intervenue en pleine tempête provoquée par la publication le 30 janvier d'un nouveau lot de documents du dossier Epstein par le ministère de la Justice.
Le numéro 2 du ministère, Todd Blanche a cependant prévenu que ces "plus de trois millions de pages" ne contiennent pas d'élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires.
Cet ancien avocat personnel de Donald Trump a estimé que l'administration Trump s'est désormais acquittée de l'obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
Si elle obtenait une grâce, Mme Maxwell serait prête notamment à témoigner du fait que "le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait", a assuré son avocat.
"Seule Mme Maxwell peut expliquer pourquoi et l'opinion publique a droit à cette explication", a ajouté Me Markus.
Donald Trump et Bill Clinton ont tous deux entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York en 2019 et n'avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.
Ghislaine Maxwell tente d'envoyer le message "que son silence peut être acheté par une grâce", a estimé l'élue démocrate Melanie Stansbury, pour qui ce message est adressé "directement à Donald Trump lui-même".
Interrogé à plusieurs reprises l'année dernière sur une éventuelle grâce présidentielle en sa faveur, Donald Trump avait éludé la question.
La même commission a convoqué pour la fin du mois Bill Clinton et son épouse Hillary, ancienne secrétaire d'Etat. Tous deux ont exigé des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.
Plusieurs élus, dont les deux coauteurs de la loi de transparence sur l'affaire Epstein, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, se sont par ailleurs rendus lundi au ministère de la Justice pour consulter les documents non caviardés, afin notamment de s'assurer que ces caviardages ont été effectués dans les strictes conditions fixées par la loi.
Tous deux se sont étonnés d'y découvrir que les noms de six hommes, apparemment impliqués dans les agissements reprochés à Epstein, avaient été caviardés, sans explication.
La loi autorise de tels caviardages, essentiellement pour préserver l'intimité des victimes, mais pas pour protéger des personnalités politiques.
Thomas Massie a aussi publié sur X un échange de courriels entre Epstein et un correspondant au nom caviardé évoquant une "vidéo de torture". Le parlementaire affirme qu'il s'agit d'un "sultan" et appelle le ministère de la Justice à rendre son nom public.
Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent l'onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.
Todd Blanche s'était déplacé fin juillet pour interroger Ghislaine Maxwell pendant une journée et demie, une démarche hautement inhabituelle.
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