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Argentine : grève générale contre la réforme du travail de Milei

Gares et arrêts de bus vides, vols annulés, manifestation prévue : le président argentin Javier Milei fait face jeudi à sa quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat, démonstration de force visant sa réforme de dérégulation du travail, qui pourtant progresse au Parlement.

Depuis minuit (03H00 GMT) et pour 24 heures, transports, banques, fonction publique entre autres, auguraient d'une journée au ralenti, pour une grève que la grande centrale CGT a promis "forte". 

Mercredi matin à l'heure de pointe normale, la capitale offrait une image contrastée : un trafic de voitures particulières plus dense qu'a l'accoutumée, mais des stations de bus, d'habitude bondées, quasi vides, malgré quelques bus circulant par intermittence. Et des commerces ouvrant peu à peu, bien qu'au ralenti, a constaté l'AFP 

Dans l'air, des relents d'ordures amoncelées dans la chaleur de l'été, non collectées depuis la veille.

"Je vais travailler parce que j’ai peur de perdre mon emploi, mais je n’arrive pas à me déplacer, je vais devoir y aller à pied",  se résignait à l’AFP Nora Benitez, infirmière à domicile de 46 ans travaillant à 5 kilomètres de chez elle. Cette loi (réforme du travail) est mauvaise, nous les travailleurs souffrons beaucoup".

A Aeroparque, aéroport central de Buenos Aires, de rares voyageurs dans le hall scrutaient les panneaux bardés du rouge des vols annulés. Aerolineas Argentinas a annoncé annuler 255 vols, dont une trentaine internationaux, affectant 31.000 passagers.

Tôt mercredi, des axes routiers ont été brièvement coupés, à La Plata (sud de Buenos Aires), ou à un accès à la capitale, par de petits groupes de manifestants de partis de gauche.

La grève illustre un regain de tension sociale, quatre mois après le succès électoral de l'ultralibéral Javier Milei,  sorti renforcé des législatives de mi-mandat. Elle vise la réforme du travail, projet-clef de sa deuxième moitié de mandat, dont débat jeudi la Chambre des députés.





"Nous voulons dire au gouvernement que le peuple lui a donné son vote, mais pas pour qu'il lui retire des droits", a lancé à la veille de la grève Cristian Jeronimo, codirigeant de la CGT (pro-peroniste, centre-gauche).

La réforme facilite notamment les licenciements, réduit le barème d'indemnités, rend possible l'extension de la journée de travail (8 à 12 heures), étend les services dits "essentiels" en cas de grève, autorise le fractionnement des congés.

Pour l'exécutif, cette "modernisation du travail" (nom du projet de loi) doit permettre de doper l'embauche dans une économie à plus de 40% d'emploi informel. Notamment en freinant ce que le gouvernement dénonce comme "l'industrie des procès", une judiciarisation à outrance du monde du travail.

"Pas une modernisation, une précarisation", rétorque la CGT, dénonçant une loi "régressive".

Pour autant, le projet de loi avance : il a été approuvé mercredi dernier au Sénat, moyennant quelques compromis de l'exécutif - notamment sur les cotisations patronales à la couverture santé. 

Et le gouvernement est confiant dans son approbation jeudi par les députés, après une nouvelle concession, l'abandon d'indemnités dégressives en cas de long arrêt maladie. S'il est approuvé, le texte devra repasser une dernière fois au Sénat, la semaine prochaine, pour avaliser ces changements.

La CGT n'a pas appelé à manifester jeudi, mais quelques syndicats et petits partis de gauche ont, eux, prévu une mobilisation aux abords du Parlement.

Mercredi dernier, de brefs mais violents heurts avaient opposé de petits groupes de manifestants et la police, en marge d'une manifestation, déjà, contre la réforme du travail.





Dans un communiqué au ton martial mardi, le ministère de la Sécurité a mis en garde les journalistes afin de "préserver leur intégrité physique", lors la couverture des manifestations, leur recommandant de rester en un endroit délimité, ou risquer une "mise en danger volontaire".

Javier Milei sera pour sa part jeudi à Washington, pour la première réunion du "Conseil de paix" de son allié Donald Trump.

Javier Milei, au pouvoir depuis décembre 2023, a enregistré un succès macro-économique majeur en maîtrisant l'inflation, ramenée en deux ans de plus de 150% à 32%, en interannuel. 

Une réussite au prix de coupes dans l'emploi public, et d'une drastique austérité budgétaire qui a anémié consommation et activité. En deux ans, près de 300.000 emplois ont été perdus, publics et privés confondus.

pbl-sa/abx

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