L'Iran est la cible depuis samedi matin de violentes frappes américaines et israéliennes et riposte par des tirs de missiles contre Israël et les Etats du Golfe qui abritent des bases américaines, plongeant la région dans le chaos.
Voici les principaux développements militaires du conflit.
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, est vivant "pour autant que je sache", a annoncé sur la chaîne américaine NBC son ministre des Affaires étrangères, Abbas Aragchi. "Tous les hauts responsables sont en vie. Donc tout le monde est maintenant à son poste."
"Nous sommes certainement intéressés par une désescalade", a-t-il ajouté, précisant avoir expliqué aux pays du Golfe que l'Iran n'avait "aucune intention de les attaquer" mais visait "les bases américaines" qu'ils abritent "dans un acte de légitime défense".
Peu après, un responsable militaire israélien a affirmé que plusieurs hauts responsables iraniens avaient été "éliminés".
"Trente bombes" ont été larguées sur le complexe résidentiel du guide suprême iranien, a rapporté la télévision israélienne.
Premier bilan à 17H30 GMT : le Croissant-Rouge iranien annonce plus de 200 morts, avec les deux tiers des provinces du pays "affectées par les attaques".
Le gouvernement a appelé par SMS les habitants de Téhéran à quitter la capitale "tout en gardant (leur) calme".
Selon l'agence de presse Fars, des explosions ont touché notamment Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, à l'ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest) et Chiraz (sud).
L'armée israélienne a appelé dans la soirée les riverains d'une zone industrielle d'Ispahan à évacuer en prévision de frappes imminentes.
Le bilan par les médias d'Etat iraniens, en fin d'après-midi, d'une frappe attribuée à Israël sur une école est monté à 85 morts. L'AFP n'était pas en mesure de le vérifier, faute d'accès au terrain.
Toutes les universités sont fermées jusqu'à nouvel ordre (agence officielle Irna).
Plusieurs dizaines de personnes ont défilé à moto dans la soirée à Téhéran, au son d'une musique martiale et arborant des drapeaux de la République islamique (journalistes AFP).
L'Iran a par ailleurs annoncé à l'Union européenne la fermeture du très stratégique détroit d'Ormuz. Selon l'agence iranienne Tasnim, les Gardiens ont averti plusieurs navires qu'il était "dangereux" de traverser ce détroit, "de facto fermé".
Aucun pays n'est épargné dans une région où les Etats-Unis disposent de bases militaires.
"Les missiles et les drones du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (armée idéologique de la République islamique d'Iran, ndlr) ont frappé le quartier général de la cinquième flotte de l'US Navy à Bahreïn, ainsi que d'autres bases américaines" dans le Golfe, (communiqué à l'agence de presse Tasnim).
- Emirats arabes unis
:
Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir entendu une explosion et vu une colonne de fumée s'élever de l'emblématique île artificielle de Dubaï, The Palm. Quatre blessés, selon les autorités.
"La chute de débris de missiles dans un quartier résidentiel" d'Abou Dhabi "a entraîné la mort d'un civil de nationalité asiatique" (ministère de la Défense).
Des habitants ont indiqué à l'AFP avoir entendu plusieurs explosions dans la capitale des Emirats. Le ministère a dit avoir intercepté une deuxième vague de tirs de missiles iraniens vers 12H00 GMT.
Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu de la fumée s'élever de la base d'Al Dhafra, à Abou Dhabi.
:
Un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine a été touché par une "attaque de missile" (Centre national de communication de Bahreïn).
Les habitants du quartier sont évacués et "plusieurs immeubles résidentiels à Manama ont été ciblés" (ministère de l'Intérieur). Ecoles et universités sont passées à l'enseignement à distance jusqu'à nouvel ordre. L'ambassade américaine a fermé.
:
Plusieurs explosions ont été entendues au-dessus du centre de Doha et près de la base militaire d'Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région.
Un journaliste de l'AFP a vu un missile être détruit par un intercepteur dans un nuage de fumée blanche. Le ministère qatari de la Défense a annoncé avoir "repoussé un certain nombre d'attaques".
:
"Les systèmes de défense aérienne ont pris en charge des missiles entrants détectés dans l'espace aérien" (chef d'état-major).
Un missile iranien a causé des "dégâts importants" sur la piste d'une base aérienne qui accueille des militaires italiens (ministre italien des Affaires étrangères à l'agence Ansa). Pas de blessés mais des dégâts importants.
Un drone a aussi frappé l'aéroport international du Koweït, faisant des blessés légers (Autorité de l'aviation civile).Trois membres de l'armée ont été blessés sur la base aérienne d'Ali Al-Salem (ministère koweïtien de la Défense).
-
:
Plusieurs explosions ont été entendues à Ryad. Aucun bilan disponible.
:
Israël a annoncé avoir visé des positions du Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban, comme régulièrement ces dernières semaines. Les Etats-Unis exhortent leurs ressortissants à quitter le pays.
:
L'armée affirme avoir intercepté 13 missiles balistiques depuis samedi matin. L'ambassade des Etats-Unis à Amman demande à son personnel et ses ressortissants de se confiner.
: Deux frappes ont visé la base militaire de Jurf al-Sakher (ou Jurf al-Nasr, sud), selon les autorités et d'autres sources sur place. Elle abrite le groupe Hachd al-Chaabi, un réseau d'anciens paramilitaires intégrés aux troupes régulières, ainsi que le puissant groupe armé pro-iranien Kataëb Hezbollah.
La défense antiaérienne américaine est engagée contre des drones au-dessus d'Erbil (journalistes AFP).
Sur la journée, "environ 200 avions de combat (...) ont mené une frappe massive contre le dispositif de missiles et les systèmes de défense du régime terroriste iranien dans l'ouest et le centre de l'Iran", indique un communiqué militaire, affirmant qu'il s'agit du "plus grand raid aérien de l'histoire de l'armée de l'air israélienne".
Quelque 500 cibles ont été visées. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, doit faire une déclaration à la presse samedi soir, à une heure non précisée.
Le Magen David Adom, les secours israéliens, ont fait état d'un adolescent blessé samedi après-midi, sans préciser le lieu. Il avait auparavant pris en charge un homme d'une cinquantaine d'années, blessé par la chute d'un projectile ou de débris dans le nord du pays.
Les autorités s'attendent à "une attaque de missiles et de drones contre l'Etat d'Israël et sa population civile (...) dans un avenir immédiat" et un "état d'urgence spécial et immédiat" est instauré dans tout le pays.
Des fortes explosions ont été entendues à Jérusalem en début de journée, peu après des sirènes d'alerte antiaérienne (journalistes AFP). L'armée a annoncé avoir détecté des tirs de missiles iraniens.
Les abris publics de la ville sont ouverts. Ecoles ainsi que lieux de travail et de rassemblement resteront fermés jusqu'à 18H00 GMT lundi (mairie de Jérusalem).
L'armée a annoncé "un renforcement à grande échelle des forces terrestres (...) et des commandements régionaux (soit une zone couvrant Israël et les Territoires palestiniens occupés), ainsi que le renforcement et le déploiement des forces spéciales".
Le président américain Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis lançaient des "opérations de combat majeures" contre l'Iran et appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir (vidéo sur sa plateforme Truth social).
"Nous allons détruire leurs missiles, (...) raser leur industrie de missiles" et "réduire à néant leur marine".
Aux autorités iraniennes : "Vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine."
Au peuple iranien : "L'heure de votre liberté est à portée de main (...). Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir."
Aux Américains : "De courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes."
Le Pentagone a nommé l'opération "Fureur épique". Le président américain n'a pas prévu d'effectuer d'allocution à la nation samedi. Il s'est entretenu au téléphone avec Benjamin Netanyahu.
Des avions de combat britanniques effectuent des "opérations défensives régionales coordonnées visant à protéger notre peuple, nos intérêts et nos alliés", selon le Premier ministre britannique Keir Starmer, au soutien d'une opération "conforme au droit international".
La France, en revanche, "n'a été ni prévenue ni impliquée" (Emmanuel Macron).
bur-dla/liu

